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Road trip jour 3 : Detroit

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Impression initiale : Detroit était pour être le highlight du voyage pour moi. Mon anticipation était énorme et causée par les nombreux mythes reliés à la ville. Criminalité, écoles publiques fermées, des maisons à 100$, la police qui ne vient jamais, ruines urbaines, scandales politiques, name it c’est là. La seule chose manquante c’est Robocop et renommer la ville Delta City.

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Suivez le guide.

matin

Déroulement : Après une nuit plutot mauvaise à cause du pub crawl et d’un climatiseur qui nous niaise, on traine nos carcasses à la station d’autobus la plus près pour aller à Detroit. Un bus annulé et 3.75$ plus tard, nous sommes en route vers Detroit en passant par le tunnel ridiculement étroit.

bus

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Les great times ont commencé immédiatement aux douanes étant donné que l’un de nous n’avait pas son passeport. Quelques longues minutes après nous étions déjà en liberté dans Downtown Detroit. À quelque pas, il y avait le quartier général de General Motors.

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Tout est beau, tout est chic, la salle de montre est interessante et le hall d’entrée est très impressionnant… c’est sûr qu’on ne pourrait pas deviner que tout ça ne vaut plus grand chose et devrait être en faillite.

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Sur le bord de l’eau il y a une scène vide servant aux festivals et plusieurs enfants jouaient dans une fontaine.

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Le skyline de Windsor vu de Detroit est évidemment pas mal moins impressionnant que l’inverse. Après quelques pas nous sommes déjà sur les artères formant le centre-ville et tout y est très calme.

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Les buildings sont rarement identifiés comme appartenant à une compagnie en particulier et les commerces sont plutôt rare.

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Le genre de monorail attire immédiatement notre attention. C’est un système de transport surélevé à deux wagons qui fait une petite boucle dans le centre-ville dans un seul sens. Le prix est d’un ridicule 50 cents et le tout nous permet de voir rapidement une bonne partie de la ville (assez déserte toujours).

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Nous débarquons dans le village Grec.

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Sympatique et trash à l’extérieur, on se retrouve au luxueux casino grec pour changer notre argent canadien. La presque totalité des clients du casino étaient des vieux blancs riches et constipés ce qui faisait un clash total avec nous et surtout avec Detroit en général qui compte 80%-90% de noirs.

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On repart à l’aventure, on croise de nombreux pubs, un gros stade de baseball, quelques théatres et on passe finalement sur un viaduc et à ce moment précis la ville se transforme en quelque chose de différent. Nous sommes sur le boulevard Woodward, une rue centrale. À notre gauche, il y a des terrains vagues vides et le feeling du début d’un quartier pourri.

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À notre droite, sur la même rue, il y a un nouveau développement urbain avec des centaines de condos formant un mini-quartier homogène et, à vrai dire, pas très interessant. Pour 150000$ tu peux avoir un condo beau et neuf avec 3 ou 4 chambres, rien à voir avec les prix de Montréal qui n’est déjà pas une ville très chère. On s’aventure évidemment dans le terrain vague, passant entre quelques édifices délabrés, nous faisant aboutir sur Cass dans ce qui est appelé le Cass Corridor, un ancien district culturel et commercial qui est mort graduellement.

cass

Ce qui en reste c’est blocs après blocs d’édifices desaffectés et autres ruines urbaines.

ruine

Les seuls commerces s’y trouvant sont des pawn shops renforcés et quelques garages louches. Le quartier et sa réputation ne donnaient pas vraiment envie de sortir nos appareils photos pour faire les touristes, déjà qu’être blanc c’était un bon indicateur. On a apprécié avec nos yeux seulement. Voici le genre d’exemple qu’on peut trouver sur le web :

The cass corridor is by far one of the scariest places I have ever seen. The poverty is rampant, crime is at a staggering rate.

A drive through this area is like a scene from the Night of the Living Dead. Addicts wander back and forth aimlessly, mostly unable to rob you if they wanted to.

I have African-American friends who are afraid to walk around the Cass Corridor at night

En plein jour c’était pas tellement rushant mais on avait pas spécialement envie de s’arrêter longtemps au même endroit. Chaque personne qu’on a croisé là était très TRÈS louche. Ça nous a pris un bon 30 minutes de marche vers le nord pour arriver à une partie de la ville qui n’était pas en ruine ; le secteur universitaire et une micro-brasserie tout à fait sympatique dans le fond d’un stationnement.

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2 bières chaque plus tard, on se lance vers l’inconnu et on tombe sur le Magestic Theatre, lieu qui visiblement attire les kool kids du coin pour l’occasion du 10 bands for 10 bucks.

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Nous sommes restés environ 2 heures et je ne sais pas trop quels bands j’ai vu sur ceux-ci : Poison the Well, Bane, Crime in Stereo, Death Before Dishonor, Madball, Terror, The Ghost Inside, the Mongoloids, This is Hell, Trapped Under Ice, Vision, and War of Ages. Belle terrasse aussi.

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Le lendemain au même endroit ça avait l’air d’être encore meilleur avec le Fucking Awesome Fest. Très Fucking interessant même si c’était impossible qu’on y aille. On quitte l’endroit bien satisfait en retournant vers le centre-ville. Le soleil se couche.

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On vit encore le fait de voir downtown Detroit au loin mais d’avoir encore les deux pieds dans un quartier douteux.

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Iphigénie en profite pour rentrer dans un building desaffecté. Elle ne s’est pas fait attaquer par un junkie. Yay.

Rendu downtown on s’arrête pour manger et boire au Old Shillelagh, un pub irlandais. Ça prend pas deux secondes qu’on est là qu’une chicane de couple silencieuse commence ; un gars commence par tirer un verre d’eau glacé sur sa copine. Les serveuses sont nerveuses et ignorent le conflit en prenant notre commande. Les doorman entrent en formation. On ne comprend pas grand chose. La fille reste immobile, dégoulinante d’eau, et le fixe pendant de longues minutes avant d’y relancer une bière qui nous éclabousse aussi un peu. Fun times in Detroit! On part se coucher. Les douanes sont sauvages autant à Detroit qu’en revenant à Windsor. Coudon.

Truc le plus spécial : Le clash ultime entre le centre ville et 20-30 minutes plus tard à pied le début immédiat du wasteland urbain.
Truc le plus impressionnant : Le transport en commun à 50 cents c’est fort, ça incite à tout visiter. Je ne sais pas combien coute les autobus par contre. Tu peux aussi traverser des gros boulevards à 6 voies sans avoir peur de te faire frapper… on a vu des coins assez vides merci.
Truc le plus poche : Nous n’avons pas croisé d’épicerie et nous avons vu 2 dépanneurs au maximum même en étant au centre ville. Même en étant assez beau et rempli de buildings, le centre ville laisse un impression de désert parce que c’est pas clair à quoi servent tous les buildings.
Truc le plus étrange : Les Detroiens(?) dansent (sautillent) sur du hardcore pas tout à fait comme à Montreal. « Y sont crissement intense icitte » est un commentaire que j’ai entendu.
Truc le plus familier : Le Magestic Theatre avait un feeling de Foufounes électriques. Parler français à un Canadien anglais ayant vu le même show que nous à un arrêt d’autobus à Detroit.
Mésaventure louche : Se faire quêter de l’argent par une femme et pendant qu’elle raconte son histoire, d’autres quêteux arrivent en renfort et insistent plus.
Impression finale : Je vais garder un très bon souvenir de Detroit en tant que ville étrange et en transformation. Pour autant que des quartiers complets sont en train de mourir et que le centre ville est une sorte d’ombre de lui même, on peut voir à travers les journaux d’activités que la scène artistique est vivante et spéciale. Je n’ai pas vu la moitié de ce que j’aurais eu envie de voir ; the New Center, quelques parcs renommés, the artistic district et le coin des nightclubs. Comme Détroit a vécu un grave exode vers les banlieux c’est le centre qui a souffert le plus et donc il faut parcourir de bonnes distances pour découvrir les nouveaux trésors cachés de la ville. En y allant quelques heures un après-midi de semaine non préparé comme nous, c’est sûr que c’est pas assez et l’info touristique accessible sur papier est un peu défaillante. C’est paradoxal parce que, hors de toute attente, Indianapolis s’est avéré être une ville tellement belle, moderne, chic, bien faite et interessante contrairement à Detroit mais en 2 jours à Indianapolis j’ai l’impression d’avoir fait pas mal le tour et de comprendre la ville. Detroit non, et c’est vraiment intriguant. Assez pour y retourner.
Cote de visite : 8

Pour vous tromatiser, un ptit vidéo Youtube. Remarquez au 3/4 du clip que le Renaissance Center est très visible au bout d’une rue et que pourtant, c’est des ruines partout. Nous n’étions pas très loin. Avec la sympatique pancarte « If you go this way good luck »

Ouais, j’y retournerais mais pas là.

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